QUI SUIS-JE ?

Fabienne Massieu

Née dans l’Orne à la fin des années 50, je suis devenue Calvadosienne à la fin des années 70 et me suis établie dans une ancienne ferme de hameau en 1986, au bord de la Muance, là où les colombages du Pays d’Auge laissent place à la pierre de Caen, loin du bruit et du train-train effréné de la vie du XXIème siècle

C’est là que sont nées mes premières créations, pendant l’hiver 2004-2005. J’avais consacré les 20 années précédentes à rénover ma vieille bâtisse. Manier la masse pour casser les cloisons afin de les déplacer à mon gré m’a sans doute laissé des traces : de là à manier pinces et marteaux pour créer des objets personnels, il n’y avait qu’un pas. Pas que j’ai franchi, non pas dès l’hiver 2005 mais l’année suivante.

Comment ai-je décidé de fabriquer des bijoux ?

 En fait, je n’ai pas choisi, c’est le choix de la vie, ce sont les objets eux-mêmes qui ont pris vie entre mes mains sans que j’y prenne garde, et c’est rapidement devenu un véritable besoin. J’ai plus de 60 ans et aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours aimé créer, manipuler, bricoler…Suite à un voyage au Brésil, d’où j’avais rapporté quelques achats, je n’ai tout d’abord créé que pour moi. Après quelques semaines, mon entourage m’a alors fait remarquer que ma production devenait tellement importante qu’il était dommage de ne pas en faire profiter les autres, ce fut un pas très difficile à franchir : montrer, exposer, se dévoiler… tout cela n’était pas dans ma nature. C’était à la fois attirant et effrayant.

J’aime maintenant ces rencontres avec le public, j’aime écouter les réactions des gens qui s’arrêtent à mon stand, j’aime écouter leurs questions, j’aime échanger avec eux. Les hommes me parlent plus souvent des techniques et des matériaux utilisés, la plupart des femmes s’intéressent plus à l’objet fini. Les deux me plaisent et se complètent.

Mes matériaux de prédilection

Les métaux que j’utilise sont le laiton, le cuivre et l’aluminium. Le laiton pour son côté doré, le cuivre pour ses tons rouges et l’aluminium pour sa légèreté. J’avais commencé par travailler des perles sur fil de métal puis j’ai ensuite travaillé le métal en tout sens à la pince avant de commencer à le marteler. Le cuivre et le laiton sont travaillés depuis des siècles en Normandie.

J’allie encore assez souvent des perles à mes créations de métal. J’utilise des perles de toutes sortes de matières synthétiques ou naturelles : bois, verre, cristal, corne mais aussi des perles de lait que je fabrique au préalable. Il se dégage de ces différents mariages une certaine chaleur, un style certain indéniablement original. Peu à peu mes pas… ou plutôt mes mains m’entraînent irrésistiblement vers des créations plus imposantes, et depuis plusieurs années je fabrique donc des « bijoux de décoration » d’intérieur ou d’extérieur, le plus souvent réalisés à partir d’objets pré-existants mais toujours à base de métal. 

Depuis une huitaine d’années, je fabrique de la galalithe. C’est-à-dire que je travaille le lait que je dompte peu à peu pour lui donner une solidité nécessaire au ponçage, perçage et polissage puis une forme qui me convient avant de l’insérer dans un bijou ou un objet sorti lui aussi de l’atelier. 

Je crée parfois sur commande suite à un entretien avec une cliente. J’adore trouver la manière de réaliser son rêve, même si la gestation est parfois difficile ! Son plaisir et son émerveillement me comblent particulièrement, on m’a parlé à deux reprises de « magie », j’ai aimé ce terme et pris cela pour un compliment.

La création, éternel processus, est un besoin vital et une vraie source de bonheur. Elle est également source d’angoisse et de doute. Elle nous emmène dans son tourbillon : elle fait aller de l’avant et amène à se surpasser. Les objets que je crée sortent de mes mains mais également avant tout de mon âme.

 

 

100 % NORMAND

Ornaise de naissance, Calvadosienne de cœur depuis 40 ans : en tant que Normande, c’était une évidence de travailler le cuivre (métal rougeâtre) et le laiton (alliage jaune à base de cuivre). Le travail de ces deux métaux est une tradition séculaire dans notre région : martelage et dinanderie de la Normandie sont réputés depuis le Moyen-Âge. A cela s’adjoint le travail sur la technique de création de la galalithe. Le processus est très aléatoire et mes recherches évoluent encore.

pièces uniques

Je travaille seule, avec des outils à main : bocfil, marteaux, pinces, cisailles principalement mais aussi perceuse à colonne, polisseuse-meuleuse, ponceuse … Je crée selon mon humeur du moment et mes créations sont uniques, elles découlent tantôt d’une longue réflexion, tantôt d’un « coup de folie » réussi. Longtemps autodidacte, je me suis formée lorsque j’en ai ressenti le besoin pour aller plus loin dans certaines techniques.

Sur commande

Je peux créer un bijou sur commande : la cliente m’expose ses goûts et ses désiderata, comme associer une broche, un collier ou des boucles d’oreilles à une tenue spécifique. Je crée généralement 2 à 3 pièces dans le même esprit afin de laisser le choix final à la cliente.